Vous retrouvez un vieux billet de 400 francs dans un tiroir, une facture d’époque ou un prix noté dans un livre de comptes familial. La question tombe vite : 400 francs, ça fait combien en euros aujourd’hui ? La réponse dépend de ce que vous cherchez : un simple changement de monnaie ou une vraie comparaison de pouvoir d’achat.
400 francs convertis en euros : le taux fixe de passage à l’euro
Le 1er janvier 2002, la France a adopté l’euro comme monnaie courante. Le taux de conversion officiel et définitif est 1 euro = 6,55957 francs. Ce taux ne bouge pas, il a été fixé une fois pour toutes.
Pour convertir 400 francs en euros avec ce taux, le calcul est direct : 400 divisé par 6,55957. Le résultat donne environ 60,98 euros.
Ce chiffre correspond à la valeur nominale, celle inscrite sur le billet ou la facture, traduite dans la monnaie actuelle. Rien de plus. Il ne dit pas ce que ces 400 francs permettaient d’acheter à l’époque où ils circulaient.
Pourquoi 60,98 euros ne racontent pas toute l’histoire
Imaginez un repas au restaurant en 1985 à 400 francs. C’était un repas plutôt cossu. Dire que ce repas valait 60,98 euros donne une image fausse : aujourd’hui, un repas équivalent coûterait bien plus cher.
La raison tient en un mot : l’inflation. Les prix montent avec le temps. Un franc de 1975 n’achetait pas la même chose qu’un franc de 2001. Pour comparer correctement, il faut corriger la somme en tenant compte de la hausse des prix entre l’année d’origine et aujourd’hui.

C’est ce que fait le convertisseur de l’INSEE. Il utilise des coefficients de transformation du pouvoir d’achat, publiés chaque année, pour recalculer ce que représentait une somme passée en euros actuels. La conversion nominale et la conversion à pouvoir d’achat constant sont deux opérations distinctes.
Un exemple pour fixer les idées
Prenons 400 francs de 1980. La conversion nominale donne toujours 60,98 euros. En revanche, en tenant compte de l’inflation cumulée entre 1980 et aujourd’hui, le pouvoir d’achat de ces 400 francs correspond à une somme nettement supérieure en euros actuels, de l’ordre de plusieurs centaines d’euros.
Le multiplicateur de prix sur cette période dépasse 3, selon les séries INSEE. Autrement dit, les prix ont été multipliés par plus de trois entre 1980 et 2025. C’est cette correction qui rend la comparaison honnête.
Conversion franc-euro : les pièges fréquents à éviter
Plusieurs erreurs reviennent souvent quand on manipule des sommes en francs. Les connaître évite de tirer des conclusions fausses.
- Confondre anciens francs et nouveaux francs. Avant 1960, la France utilisait l’ancien franc. En 1960, le général de Gaulle a divisé la valeur par 100 pour créer le nouveau franc. Si votre document mentionne 400 anciens francs, la somme réelle en nouveaux francs est 4 francs, soit à peine 0,61 euro en conversion nominale.
- Oublier de préciser l’année d’origine. Dire « 400 francs » sans indiquer l’année rend toute comparaison de pouvoir d’achat impossible. L’année d’origine change radicalement le résultat final en euros.
- Appliquer le taux fixe comme s’il suffisait à comparer des époques. Le taux de 6,55957 ne sert qu’au changement de monnaie. Pour comparer ce qu’on pouvait acheter, il faut ajouter la correction d’inflation.
Francs en euros et pouvoir d’achat : ce que l’inflation change concrètement
L’inflation en France a connu des périodes très différentes. Dans les années 1970 et 1980, la hausse des prix dépassait régulièrement les deux chiffres par an. Les années 2000 et 2010 ont été bien plus calmes, avec une inflation faible.
Plus récemment, l’inflation est revenue autour de 2 % par an en 2024-2025, après un pic plus marqué en 2022-2023. Cette stabilisation signifie que la dégradation du pouvoir d’achat associé à une somme convertie ralentit par rapport aux années précédentes.
Pourquoi un salaire en francs des années 1950 semble astronomique
Un salaire mensuel de 40 000 francs en 1955 fait rêver en apparence. En réalité, il s’agit d’anciens francs : 40 000 anciens francs, c’est 400 nouveaux francs, soit environ 61 euros nominaux. Et même corrigé de l’inflation, ce montant reste modeste rapporté aux standards de vie actuels.
La confusion entre anciens et nouveaux francs est la source d’erreur la plus fréquente dans les discussions familiales ou les estimations de patrimoine ancien.

Comment utiliser le convertisseur INSEE pour 400 francs
Le convertisseur franc-euro de l’INSEE, accessible aussi via le site service-public.gouv.fr, couvre la période de 1901 à 2025. Il détecte automatiquement s’il faut utiliser les anciens francs ou les nouveaux francs en fonction de l’année saisie.
Pour obtenir la valeur de 400 francs en euros à pouvoir d’achat comparable, voici les étapes :
- Saisir le montant (400) et sélectionner l’année d’origine du document ou du souvenir.
- Choisir l’année d’arrivée (2025 pour une comparaison actuelle).
- Lire les deux résultats affichés : la conversion nominale (taux fixe seul) et l’équivalent en euros constants, qui intègre l’évolution des prix.
- Vérifier la devise déduite par l’outil. Si l’année est antérieure à 1960, l’outil compte en anciens francs.
Ces coefficients sont les mêmes que ceux utilisés par les notaires, les tribunaux et les administrations pour réévaluer des montants historiques. Ils constituent la référence officielle en France.
Taux de conversion franc-euro : un chiffre gravé dans le marbre
Le taux de 6,55957 francs pour 1 euro a été arrêté le 31 décembre 1998 par le Conseil de l’Union européenne. Il n’a jamais changé depuis et ne changera jamais. Ce n’est pas un cours de change fluctuant comme celui entre l’euro et le dollar : c’est un taux irrévocable de conversion monétaire.
Les billets en francs ne sont plus échangeables à la Banque de France depuis 2012. Les pièces ont perdu leur valeur d’échange encore plus tôt. Concrètement, 400 francs en billets n’ont plus aujourd’hui qu’une valeur de collection, pas une valeur monétaire.
Pour toute somme mentionnée dans un contrat ancien, un acte notarié ou un jugement, la conversion passe par ce taux fixe, éventuellement complété d’une revalorisation selon les coefficients INSEE si le texte le prévoit. Sans correction d’inflation, 400 francs restent figés à 60,98 euros, quel que soit le contexte historique d’origine.

